jeudi 1 juillet 2010

Ca y est je suis un homme de fer, IronMan Finisher à Nice !!

IronMan = Triathlon de 3.8km de Natation, 180km de Vélo et un marathon de 42.195km de course à pied , la mecque, le compostelle, le Graal des Triathlons.

Même si on sait tous que les résolutions de début d'année sont souvent oubliées dès le 2 janvier, je vais essayer de m'y tenir concernant mon résultat à l'IronMan de Nice 2010. "Voir le verre plein plutôt que le verre vide". Rien à voir avec la boisson, mais avec une vision positive des choses. Alors donc je dois dire que je suis super content d'avoir terminer mon premier IronMan. Certes je n'en doutais pas après les entrainements des 2 derniers mois. C'est une des plus belles expériences sportives que j'ai pu connaître si ce n'est pas la plus intense. Assurément c'est celle où j'ai le plus pleuré, avant et pendant (mais pas après), eh ouais je suis un garçon très émotif !

Une expérience géniale, grâce à une organisation aux petits ognons, une météo super, des supporters d'enfer, des repas et pots entre copains.

Comme ont pu le remarquer Romain et Eric, j'étais légèrement stressé la dernière semaine, peur d'oublier un truc, peur des coups au départ en natation. Mais une fois arrivés sur place, tout est devenu plus zen. Et même l'arrivée tardive de ma femme (2h30 du mat, because 3h de retard de train) samedi, sa gastro dans la nuit qui m'a empêché de bien dormir la veille, n'y ont rien changé. Le fait de se retrouver entre potes de la section, c'est aide.

Le jour est enfin arrivé : Dimanche 27 juin

Réveil à 4h37 (parce que 4h30 c'est trop tot, et 4h45 trop tard ...), je fais cuire le GatoSport (facilement digérable jusque 1h avant le départ, un truc que je connais donc pas de souci la dessus) au micro onde, miam miam c'est plus moelleux qu'au four.

5h20, je sors avec ma combinaison enfilée jusqu'à la taille, me remémorant Romain qui me disait "tu verras, quand tu sors tout le monde est en pingouin". Sauf que là je le suis seul en pingouin, tous les autres ont la combinaison dans le sac Street Wear ... Pas grave, ca sera çà de moins à faire. Je vais au parc à vélo gonfler mes pneus comme "les anciens" me l'ont recommandé (car des pneus gonflés à bloc depuis la veille ont plus de chance de crever et exploser au départ), bon élève j'écoute bien. A ce moment de la journée, je ne remarque pas que j'ai oublié mes 2 bidons (détail qui a son importance pour la suite).

6h15, Je retrouve Hélène, la copine de David juste avant de descendre sur le plage. Puis je vois David qui cherche Hélène qui a disparu ;-)

6h20 : enfin sur la plage de galets, je laisse couler une larme d'émotion, voir enfin se concrétiser le moment tant attendu, les instants de doutes, les instants d’euphorie, les week end difficiles à jongler entre entrainement, enfants, soirée, etc le moment est intense!

6h30 : Le départ est donné. De la plage c'est hallucinant, ca doit l'être encore plus pour les spectateurs en surplomb depuis la Promenade des Anglais. Première boucle de 2.4km, où on part au large à 1km, je ne trouve pas mon rythme, je me fais souvent rentrer dedans, et moi gentil je n'ose pas vraiment bousculer. Après la sortie à l'Hawaïenne (comme dit une nana du club de Champigny, au lieu de sortie à l’Australienne), enfin dans la 2ème boucle de 1.4km je trouve un meilleur rythme, ou plutôt plus d'espace pour nager. J'ai l'impression d'accélérer dans les 500 derniers mètres, je me sens bien et d'entendre les cris, les applaudissements sur la plage, ca donne envie de booster ! 1h22 au final, bof vu la première boucle au ralenti, mais conforme à ce que je pensais faire.

A la sortie de l'eau, je suis euphorique, la plupart marchent, moi je cours, je me sens bien.

Je récupère mon sac "BIKE". Tout le monde se change sous la tente, gars, filles, allez hop peu importe, on n'est pas là pour mater ! J'ai opté pour une vraie combinaison vélo plutôt que la tri fonction pour ne pas avoir mal au c_l et aux c_____s sur les 180km de vélo. J'en profite pour mettre de la crème solaire dans le coup, car çà va cogner sur la route !! Je récupère mon vélo, allée 22 (un peu comme chez Ikea, il faut avoir noter au préalable ... car il devait y avoir une soixantaine d'allées avec 40 vélos chacune !!!) et zouuuuu en avant !!

Je n'étais pas encore arrivé au bout de la promenade des anglais au niveau de l'aéroport, soit 5km, que je commence à ressentir des douleurs violentes dans le ventre, l'estomac me semble t-il ! Pas grave, c'est plat, ca va passer. Sauf que ca ne passe pas, et ca empire, et je n'arrive pas à respirer, comme si qqch bloquait et le bide qui me tord dans tous les sens. Et pas d'eau, pas de bidon sur le vélo (erreur de jeunesse) mais pas grave il doit y avoir un ravito vers le 20ème km. Je prends mon mal en patience, et je me demande si je ne devrais faire une pause kk. L'eau absorbée au premier ravito ne change rien, le plat se transforme en faux plat, et la douleur au bide et les difficultés à respirer s'intensifient. Au 35ème km je me résigne à m'arrêter derrière un buisson... Grand moment de solitude à regarder les vélos passer le cul à l'air au bord d'une route. Rien ne vient, ca n'est pas çà, j'ai de plus mal à respirer, j'essaie de faire des étirements ou me mettre en boule, mais ca ne change rien. On ne m'arrête pas pour autant, me disant, guérir le mal par le mal, que çà passerais bien. Km 45, je retente le coup du buisson, mais toujours aucun résultat. Je me plie en 2, je m'étire le ventre. Un mec, en me voyant plié en 2 sur le bord de la route, me dit en passant " va chier un coup mon gars", je réponds "c'est déjà fait". Voila le moment de poésie du compte rendu !! Km 50, la montée de 20km pour atteindre le col de l'Ecre débute. Je respire mal, je dois avoir les pulsations à fond (pas de cardio pour une fois), j'ai l'impression d'escalader l'Everest alors que je monte juste une pente de 7%, chose dans laquelle j'étais plutôt à l'aise depuis 2 mois (hein Romain et Eric). Km 58 Je passe devant 2 motos "Equipe Médicale" en train de s'occuper d'un concurrent qui vomissait. L'une d'elles me demandent de m'arrêter. J'explique mes douleurs, ma difficulté à respirer, mon pouls très élevé. De là l'ambulance arrive et j'ai droit au check up total. Je me souviens pleurer 2 fois, peut être 3 à l’idée d’abandonner sans avoir rien fait et pour un truc auquel je n’aurais jamais penser, et ne comprend rien. J'insiste pour avoir un truc pour le bide, je pense tout de suite à "Spasfon" que ma femme à l'habitude de prendre. Le mec appelle le PC sécurité, et accepte de me donner 2 "Spasfon" et me dis d'attendre 10 minutes et qu'une 2ème ambulance arrive (car celle là doit partir pour emporter le gars qui vomissait et qui visiblement ne vas pas bien du tout et que de toute façon, ils ne vont pas le laisser partir comme çà). 10minutes après, même si la douleur ne semble pas avoir disparue, j'insiste lourdement pour repartir (en mentant que tout va bien). Re Appel PC Sécurité. Ils me font signer une décharge "en cas d'accident" et je repars. Les 12 derniers km de montée ont été pénibles, mais je suis enfin arrivée au 70ème au col de l'Ecre. L'air frais, une pause de 5min, la descente et 10min après les douleurs avaient quasiment disparus et je peux vous dire que j'ai envoyé du lourd sur le vélo pour tenter de rattraper mon retard, 1h au total de pauses kk et ambulance. Je n'ai fait que doublé pendant les 110km restant. Cela m’a aussi permis de retourné dans tous les sens les raisons de ces problèmes d’estomac et de respiration (il faut lire jusqu’au bout pour savoir). J'ai super apprécié le reste de la "balade" de 180km et je termine finalement en 7h de vélo (25km/h de moyenne), alors que je m'étais fixé 6h (30km/h de moyenne). Donc conforme si on ne compte pas les arrêts aux stands ! Sauf que les arrêts comptent ...

De retour sur la promenade des Anglais, de nombreux concurrents  ont déjà commencé leur marathon de 42km. De retour dans la tente avec le sac "RUN" pour le 2ème strip tease de la journée. Re crème solaire. Et qui vois - je devant moi, Cédric au même stade que moi. Je repars un peu avant mais il me rattrape rapidement car il est très fort en course à pied. Sur le premier semi (21km), ca va, je suis encore sur les traces des 4h30 au marathon, objectif max fixé. Dans le premier tour, je pleure encore car je réalise que ca y est j'y suis sur le marathon alors que quelques heures auparavant je me voyais redescendre en ambulance, et quoiqu’il arrive, même en rampant les pieds attachés, je terminerais. Dans le 3ème tour, j'ai chaud, très chaud, le passage sous les douches ne rafraichit que pour 1 minute. Le tendon de la cheville droite qui m'a empêché de m'entrainer de Janvier à Avril commence un peu à tirer, de plus je vois que je ne pourrais pas faire moins de 13 heures, la limite maxi que je n'imaginais même pas dépasser, le moral en prend un coup. J'alterne marche et course pour soulager les tendons. Je chiale, oui encore. Ma femme, Clarisse (copine de Romain), ses potes, Hélène, Marielle et sa fille, Stéphanie (femme de Cédric) sont là pour nous encourager sur le chemin, ca fait du bien, ca rebooste à chaque fois. Je cherche à chaque tour le fameux arrêt de bus où ils se sont refugiés, car il fait une chaleur à crever dehors. Hasard des tours au niveau de l'aéroport qui sépare l’aller/retour sur 500m, je ne vois pas grand monde des potes, 2 fois Eric, 2 fois Romain, 1 fois Cédric, 2 fois Christian (David lui est déjà arrivé). A l’entame du 4ème tour, je réalise que si je ne me magne pas le cul, je vais faire plus de 5h au marathon ! Ma fierté en prend coup, alors j’accélère, je ne prend qu’un ravito sur 2, j’ai l’impression d’être au sprint sur le dernier kilomètre, plus aucune douleur, je vois le tapis bleu de l’arrivée, je sprint, et je vois Julia, ma femme, qui m’attend à l’entrée de la ligne droite avec les hordes du supporters, les pompom girl, le speaker qui hurle ton nom, je suis aux anges. Je prend la main de Julia pour qu’on termine ensemble, je me force à ne pas pleurer pour les photos, je suis au 7ème ciel. L’arrivée c’est une dernière petite montée, comme un podium, et là on se sent tous des ironman, « Yes we did it ». Une pompom girl nous remet la médaille qui semble peser une tonne (je confirme elle pèse une tonne).

Après avoir éviter les cadavres allongés par terre (et pris en main par les équipes de secours au top  ;-)), je fonce, toujours en serrant fort la main de Julia, vers le ravito, récupérer mes affaires, le t-shirt « ironman finisher ». Je ne vais même pas aux massages, car je suis euphorique, et je me sens bien, sentiment bizarre d’avoir réaliser un rêve, malgré la déception de ce problème estomac/respiratoire qui a faillit me clouer dans l’ambulance.

La douche, l’apéro, le repas avec les copains où je suis un peu ailleurs, où je retourne toutes les étapes de la journée dans ma tête pour comprendre les raisons de ces douleurs au ventre, et respiratoires (conséquences des douleurs au ventre). Après discussion avec David, l’expert alimentation des triathlons puis un médecin de retour à Paris, le verdict est sans appel, et confirme ma propre analyse : à la sortie de la natation, j’ai pris trop tôt un gel énergétique (car je ne supporte pas l’alimentation solide), mais je me suis trompé de gel + je n’avais pas d’eau pour « nettoyer » comme il est indispensable de le faire. Ce gel « très pâteux » est resté bloqué, et m’a complètement bloqué au niveau digestif et aussi respiratoire alors que j’en avais le plus besoin sur le vélo. De plus histoire d’empirer la chose, au 35ème km, je me suis dit que le mal de ventre était peut être la faim, et j’ai donc tenté une barre Energétique testée de nombreuses fois lors des dernière semaine. Sauf qu’elle avait passée la nuit sur le vélo, et avait une structure pas comme d’habitude, genre à mâcher 5min par bouchée. Bref, l’autre erreur qui a du achever le bouchage des voies digestives et indirectement respiratoires… Des erreurs de débutants, des conneries alors que physiquement j’étais bien, euphorique. En faisant abstraction de cela, cela reste l'une des plus belles expérience sportive de ma vie. Bref je peux vous dire que je n’ai pas attendu la fin pour me dire « vivement la prochaine fois », car c’est vraiment une expérience inoubliable.

Peut être pas en 2011 pour des problèmes logistiques sur lesquels je ne vais pas m’étendre, mais assurément 2012 à Nice ou ailleurs. Je tiens à remercier, Julia pour avoir supporter les quelques dimanches d’entrainements matinaux, pour m’avoir accompagner à Nice, mes parents pour avoir assurer comme des bêtes pour garder les enfants quand ni moi ni Julia ne pouvions, mes camarades d’entrainements, en particulier Romain et Eric, les membres de la section UASG et le club de Champigny (24 participants, la plus grande représentation de club en France sur l’ironman).. Désolé si j’oublie des gens …

PS : A J+3, aucune douleur aux jambes ni ailleurs, mieux que pour un marathon ou un semi marathon allez chercher l'erreur !

Ironman Cyril

Photos de moi sur l'ironman :

http://www.marathon-photos.com/scripts/event.py?event=Sports/GKDE/2010/Ironman+France&new_search=1&match=1053

Résultats Officiels (on peut voir le "léger" coup de mou" entre le km 26 et 70 avec 2.83km/h, soit moins vite qu'un escargot) :

http://liveupdate.ironmanlive.com/ppv/newathlete.php?rid=293&race=event/ironman/france&bib=1053&beta=

Video de l'ironMan de Nice 2010 :

http://video.nice.fr/index.php?table=actus&selection_video=ironman2010.mp4

Reportage Photos de Aymeric Guilloneau :

http://www.aymericguillonneau.fr/Aymeric_Guillonneau_Photographies/Reportages/Pages/IronMan_Nice_2010.html

Reportage Photos sur OnLine Tri :

http://www.onlinetri.com/photoIndex/course.php?course_id=100627_Nice&start=0

Et pour rester humble, je vous invite à voir (ou revoir) cette vidéo d'un papa qui a courru de nombreux ironman avec son fils handicapé (ouais j'ai encore pleuré en regardant):

http://www.youtube.com/watch?v=mQdeTGPRm5s

et un autre http://www.youtube.com/watch?v=PJveLaAS3ew&feature=related