jeudi 7 juillet 2011

Ironman 2 le retour ...

Avant de débuter le compte tendu de mon 2ème Ironman à Nice le 26 juin 2011, je dois dire 2 choses importantes:
- je tiens à présenter mes excuses au pauvre petit gel énergétique que j'ai apparemment injustement accusé de mon séjour ambulance l'an dernier sur le parcours vélo de mon premier ironman aussi à Nice (lire la suite pour comprendre, eh oui un peu de suspense mesdames et messieurs).
- serait il possible que la personne qui me jette des sors ou fait des opérations vaudous sur moi pendant les Ironman arrête ce petit jeu? Ou alors  merci de m'indiquer les coordonnées du meilleur marabout pour exorciser (vous savez ceux qui font revenir l'être aimée, gagner au loto en moins de 48h, plus vite que la redoute).

Voilà, une fois ces 2 messages dits, sachez que (au diable le suspens) j'ai terminé cet Ironman!! Je suis donc Ironman 2. Encore un et j'aurais rattrapé ce saligot de super héros qui n'est qu'une tafiole qui triche avec des super pouvoirs.

Si vous souhaitez avoir ce compte rendu, assez long, en version pdf, fichier imprimable, voici le lien : CR IronMan Nice 2011 By Cyril.pdf









IronMan Nice 26 juin 2011

Je n'ai jamais douté sur le fait de ne pas terminer mais je ne pensais pas que tout un tas d'éléments feraient que cela serait aussi dur.
D'ailleurs, sans le soutien de ma femme Julia, David, Didier je n'aurais pas du être au départ  de cet Ironman : 10 jours avant, après qq jours de réflexions, suite à une accumulation de problèmes perso (pas santé je précise) ayant stoppé à 75% l'entraînement les 4 dernières semaines et consommant100% de mon énergie, sommeil, j'avais décidé d'annuler l'Ironman. Je n'avais pas envie de faire figuration à Nice et ma tête était ailleurs. Ces 3 personnes, donc ma femme Julia, Didier et David, seuls au courant m'ont  convaincu d'y aller, de tenter. Ils ont eu raisons, mieux vaux terminer peut importe le temps que se morfondre à Paris ! Leur aide a été déterminante aussi pendant l’épreuve et je suis heureux d’avoir terminer surtout grâce au mental et non pas aux jambes qui étaient plutôt en forme finalement !

Je passe le voyage de Paris à Nice, le retrait des dossards, le dépôt des vélos, nous voilà donc dimanche matin 5h15 en tri-fonction et tong dans les rues de Nice, cotoyant les fétards qui sortent de boite. Cette fois, je n’ai pas oublié les bidons (1 d’eau et 1 d’eau mélange énergétique). Vérification du vélo, des pneus, installation des barres énergétiques (dans mon cas c’est plutôt barre de pate de fruit, pate d’amandes et pate de nougat déjà testées pendant tout l’hiver et le printemps, pas de nouveauté cette année).

6h30 le départ de la natation est donné. L’an dernier 1h22 pour 3.8km, cette année je table entre 1h15 et 1h20. N’ayant rien à perdre je me mets dans le sas de départ des 1h14. Même si ce fût très mouvementé, avec des coups de pieds, des coups des bras, des mecs qui m’attrapent l’épaule pour me doubler, je reste zen et je sors de l’eau en 1h17, impeccable, ma bête noire est passée, il ne me reste plus que le meilleur le vélo où je vais cartonner, et la course à pied où je vais limiter les dégâts.

Le vélo :
Après une rapide transition (pas de gel pâteux, juste une gorgée d’eau de source d’une bouteille neuve), je retrouve mon vélo parmi les 2700 autres (je vous rassure il sont rangés par numéros et allées), les chaussures sont déjà attachées dessus, je la sens bien cette transition ultra rapide. Une fois sorti du parc à vélo, j’enfourche mon destrier, je prend un peu de vitesse, j ‘enfile le pied gauche, impec. J’enfourche le pied droit, et là je sens un truc qui bloque, impossible de mettre le pied à fond dans la chaussure. Pour aller chercher le pain au bout de la rue, je m’y accommoderais mais pour 180km, 2 pieds sur 2 pédales c’est mieux. Pendant quelques mètres, je tourne les pédales comme je peux pour ne pas me casser la gueule en tentant de sortir le truc au fond, désespérément. Je dois donc m’arrêter, descendre du vélo, sortir ce truc de ma chaussure. Oh surprise, ce n’est que la semelle de mes chaussures toute pliée au fond, je n’y crois, j’en rigole tout seul. Allez hop je repars.

Putain je suis bien, mais je calme les ardeurs, ce n’est pas un sprint mais une course d’endurance. Km 5, ouf j’ai dépassé le stade où l’année dernière je commençait à me tordre de douleurs au ventre.
Sauf qu’au Km 10, devinez quoi … Les douleurs au ventre arrivent, des spasmes violents comme l’an dernier, et quelquesoit la position sur le vélo, je pousse des cris de hyènes de douleurs et comme l’an dernier, respirer devient difficile. Et là, je revois en boucle dans ma tête les évènements de l’année dernière : me tordre de douleurs jusqu’au 55eme km, avec des pauses le cul à l’air dans les buissons pour faire « kk », des exercices avec les bras, des positions bizarres pour trouver un moyen de faire passer le mal et mieux respirer, et enfin la moto médicale qui m’arrête, l’ambulance et tout et tout.
Cette fois ci, je dis NON ca ne se passera pas comme çà ! Je vois un arbitre (de triathlon), je m’arrête et lui explique le truc, le bis repetita. Il est entraineur fédéral et me dit que ca arrive et que je dois m’allonger. Il a raison le bougre, je m’allonge et hop tout va bien. Je m’assois, je me tors de douleux, je m’allonge tout va bien. Bref je reste allongé. La moto médicale arrive 10 min après, je repète encore mon baratin, il me prend tension, tate le ventre, etc et il me donne un spasfon comme je lui demande. 10 min après les douleurs une fois assis s’estompent peu à peu, je décide de repartir (en prenant 2 autres spasfon dans ma sacoche vélo). Youpi, ce fut plus rapide que l’an dernier, seulement 25 min de perdus. Le mystère reste donc entier sur la nature, l’origine, le pourquoi des douleurs, en tout cas, ce n’est pas la faute d’un quelconque gel.

Maintenant faut envoyer du lourd et rattraper ce retard. A ce stade, j’y crois encore !! Plus rien de peut m’arriver, je ne fais que doubler, je fends la bise, les autres sont à l’arrêt, j’ai des ailes (je vous rassure ce n’est pas un pétard que j’ai fumé avec le médecin). J’ai vraiment bien fait de prévenir et m’arrêter avant d’en arriver au stade ultime de l’an dernier. Ca grimpe tranquillou, je ne fais que doubler, sauf un gars avec un dossard jaune – or comme si il était en tête de la Golden League d’athlétisme (pour ceux qui connaissent) avec qui je joue au chat et à la souris. Dans le  début des 20km de montée du col de l’Ecre, je prends la poudre d’escampette. Ouf il reste 3 km de montée. Je n’ai qu’une hate arrivée en haut, car j’ai les pieds en feu (j’ai du m’arrêter 2 fois dans la montée pour m’arroser les pieds d’eau fraiche). Dans un ligne droite, je m’apprête à doubler un type (genre Brett ou Garet, un rosbif à priori) par la droite (forcement il roule à gauche le bougre). Il termine de boire et en reposant sa gourde, cet illuminé fait un écart sur la droite, et pour l’éviter je dois me déporter dans le décor, dans les cailloux du bord de route. Bingo, quelques mètres plus loin, pffffffffffff, mon pneu avant se dégonfle. Et merde, manquant plus çà. 1 crevaison en 1 an, et voilà que je crève lors de l’épreuve où ne pas crever. Qui dit 1 crevaison en 1 an, dit pas d’entrainement pour changer les pneus. Je suis une vraie merde pour changer ces trucs. Ca me prend toujours des plombes. Heureusement les vélos qui me doublent (ou plutôt que j’avais doublé et me redoublent) m’encouragent, c’est sympa ! Là, honnêtement je ne rigole plus trop, et dans ma tête vient l’idée de terminer la montée et d’arrêter là, ca commence à m’énerver ces conneries de pas chance, et soucis de spasme au ventre. Km 70, en haut du col de l’Ecre, je récupère mon ravito perso qui me permet de déguster la moitié de mon sandwich jambon, beurre préparé avec amour la veille. Hum un délice. Abandonner oui, mais je suis à 70km de Nice et la voiture balai ne passera pas par là avant pas mal de temps. Mouais, je crois que je suis bon pour continuer. Les jambes tournent bien, je ne fais que doubler alors je me dis, je roule, je roule et on verra. Les paysages sont sympas.
Peu avant le KM 110, on fait une sorte de boucle aller – retour que j’ai trouvé très bizarre, ca monte à l’aller et je roulais à plus de 35km/h et ca descend au retour et j’ai roulé à moins de 30km/h, chercher l’erreur … le vent … Une fois la boucle terminée, une des dernières montées avant les descentes finales. A la sortie du village de Coursegoules, pfffffffffffffff. Non je ne rêve pas mon pneu arrière est dégonflé. Le vélo est à 2 doigts de terminer dans le champ voisin, je suis énervé. Me voilà assis au bord de la route à chialer. Les pleurs se transforment en rire, car effectivement ca devient comique cette histoire. Nouvel objectif, revenir à Nice, poser le vélo, retrouver Julia et aller nous baigner. Je rechange mon pneu (toujours comme un pied) et zou en avant dans les descentes. En plus, j’ai toujours les pieds en feu dès que je pousse sur les pédales (souci que j’avais eu en avril mais disparu depuis). Sur les 30 derniers km, impossible de trouver des gars avec qui faire des relais (oui je sais c’est interdit), je ne fais que doubler. Je termine mon sandwich et je passe un bout à un spanish qui a l’air mal en point : il me répond un truc que je ne comprends mais à 3000% ca voulait dire « oh putain mon gars c’est trop bon  ton truc».
Dans les 5 derniers km, je répète dans ma tête la suite des opérations : je pose le vélo, je vais chercher mes affaires « streetwear », je retrouve Julia surement postée au milieu de la promenade des anglais, à qui j’avais dit « je serais là après 6h de vélo, au pire du pire 6h30 ». Ouais sauf que je boucle les 180km en 7h09 (un peu moins de 25km/h de moyenne, sans commentaires). Et on va ensemble à la plage. Et comme depuis le début du vélo, rien ne se passe comme çà. Julia (qui a suivit mon périple sur le site internet) est là juste au moment où je descends de vélo (version chaussures sur le vélo comme pour une transition de sprint, la classe), elle est trop contente de me voir, m’encourage et me dis « vas – y Dooshoo » (oui c’est mon petit nom comme Doux Choux).  Avec les barrières, le vélo à donner, impossible de lui parler. Je vais donc récupérer mon sac « Run », je demande de la crème solaire à une des bénévoles (et même un petit massage des épaules !!).

La course à pied, le marathon :
Allez faut que je trouve Julia, lui expliquer que je veux arrêter et qu’on va aller se rachaîchir à la plage (car il fait un chaud sur cette promenade des anglais, une chaleur à crever, 35 degrés, 66% d’humidité d’après un article lu sur internet).
Je ne trouve pas de Julia mais David qui court sur le côté pour me suivre. Mais qu’est ce qu’il fait là ? Quoi tu as abandonné ? Dans ma tête je me dis, ouf comme çà je ne serais pas le seul ! Toujours pas de Julia ! J’ai été trop rapide (??) en transition, elle n’a pas eu le temps d’arriver de la ligne terminus du vélo. David me hurle dessus, me dis « vas y, bouge toi, avances, faut y aller, il reste juste 42km, c’est fini », comme à l’armée (du moins j’imagine si je l’avais fait version soldat). Comme je ne vois pas Julia, je poursuis mon chemin. En fait, effectivement elle n’avait pas eu le temps de me rejoindre sur le parcours marathon et donc j’ai fait le premier tour (10,2 km) en un moins d’1 heure.
Au début du 2ème tour, ma sauveuse est là, je la retrouve avec David… Tous les 2 hurlent, m’encouragent. Je me sens bien, aucune douleur, juste un peu chaud comme tout le monde ;-) Mais comme vous avez bien lu plus haut, mon objectif c’est d’arrêter là et aller à la plage. Je viens vers eux, je m’assois dans l’herbe à coté d’eux, je chiale, et j’explique toutes mes emmerdes sur le vélo, que je suis dégouté, que j’en ai marre de la poisse à Nice, etc. Tous 2 me disent « mais non tu ne peux pas arrêter là, penses à tout ce que tu as fait, à l’entrainement ». David est plus insistant, un vrai coach. C’est limite s’il ne me relève pas avec un coup de pied dans le cul ;-) Je repars, toujours en chialant. Je repars en marchant, puis la tête embuée par les larmes, je me remets à courir au rythme escargot, genre je freine des 2 pieds, comme si je devais aller à l’école le jour où je n’ai pas fait mon devoir. Je chiale toujours, j’entends des spectateurs faire la remarque et m’encourager.
Mais plus loin vers le fin fond des 5km de la boucle vers l’aéroport, les spectateurs se font rares. Je vois une belle pelouse, elle semble m’appeler…   Je m’allonge, je suis toujours en pleurs (décidément va falloir que je trouve un ravito car je vais bientôt avoir épuisé toute l’eau de mon corps). Je reste là inerte, résigner à arrêter là, me répétant que tout ce qui est arrivé sur le vélo est vraiment trop injuste alors que depuis des mois je me sens super au top, et n’ai jamais eu un souci. Aucune idée combien de temps passe, à priori 15 ou 20 minutes d’après les chronos.
La conclusion de mes réflexions : abandonner je suis un naze, continuer je fais un temps de naze mais je termine et après tout c’est le but principal et ca serait bête de passer pour un poltron. Je me relève et je prends une résolution que je tiendrais jusqu’au bout : appliquer la méthode « Romain » de course à pied (courir en regardant juste devant mes pieds), le but est de courir à bon rythme (car après tout je me sens pas trop mal) entre chaque ravito (distants de 1.7km), et marchant 100 ou 200m au ravito pour bien boire, me rafraichir avec des verres sur la tête et le corps, prendre un morceau de banane ou tucs tous les 2 ou 3 ravitos. J’ai donc appliqué çà jusqu’au bout, David « le coach » et Julia étant des boosters supplémentaires à chaque tour. Dernier tour, j’accélère, ne rien lâcher, ne pas me faire doubler une seule fois (d’ailleurs j’ai doublé un peu moins de 400 personnes sur le marathon). La dernière ligne droite de 5km est longue, très longue, mais je passe les ravitos et l’arrivée sur le tapis, les derniers 100m c’est que du bonheur, main dans la main avec Julia.

Au final, je suis super heureux d’avoir fait cet ironman et de l’avoir terminé dans ces conditions. J’ai un peu trop vite oublié que le principal c’est de terminer et s’amuser. La performance n’était pas là encore ce jour, mais je reviendrais !!

Un grand merci à Julia, et mes enfants pour m’avoir soutenu.
Un grand merci à Julia, David, Didier pour m’avoir convaincu de venir tenter l’expérience malgré ma décision de ne pas venir.
Un grand merci à Julia et David de m’avoir rebooster sur le marathon.
Un grand merci aux autres ironmen UASG pour la bonne ambiance ces quelques jours à Nice.
Un grand merci aux participants du stage à Cézas chez Mike, ce qui m’a permis de limiter les dégâts.
Un grand merci aux centaines de volontaires de l’ironman, sans eux cette journée n’existerait pas.
Un grand merci à mes parents qui ont gardés les enfants pendant ce week end à Nice et aussi avant pendant certains week end d’entrainement.

samedi 2 juillet 2011

Sortie vélo en famille

En attendant le compte rendu du triathlon ironman de Nice le week end dernier...

Une grande première ce matin, le premier tour de vélo tous ensemble. Chloé sur le siège du vélo de Julia et Alice sur le siège du vélo de Cyril. Loin des distances et vitesse d'un ironman, nous avons fait 22km, le long des bords de marne et dans le bois de Vincennes. Julia a tourné un peu à l'anneau de vélo de Vincennes (pas dans les pelotons de cyclistes qui roulent à plus de 40km/h) et Cyril est allé joué un peu avec Chloé et Alice dans les bois.

Voici les photos (remarquez nous avons tous notre casque !!) :









Sorties Vélo avec les enfants



Et en prime une petite vidéo prise le matin, voyez comment Alice et Chloé ne semble pas avoir besoin de vitamines :